Bertrand Lavier

12 février – 26 mars 1988

16 rue Quentin 21000 Dijon

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[Rappel des circonstances]

Bertrand Lavier : le procès des conventions

C’est un autre des paradoxes qui pétille dans ce travail : on ne peut dire d’aucun autre artiste que son œuvre ressemble à un Lavier, et devant une nouvelle œuvre de Lavier on sait qu’il s’agit d’une œuvre de Lavier. Personne – pas même Koons, dont les habiles ressorts rebondissent toujours plus ou moins sur les mêmes trempolines – n’atteint cette impalpable offense à la signature. Qu’il repeigne des objets, des images, qu’il empile des objets, qu’il gonfle en deux ou trois dimensions des représentations populaires de l’histoire de l’art (Walt Disney Productions), qu’il plaque des codes d’identification là où ils sont déplacés (des guirlandes de noël sur un tracteur), qu’il présente « La peinture des Martins », déplaçant l’effet de signature sur le nom, ou encore intitule son exposition Bertrand Lavier présente « Bertrand Lavier » au musée d’Art moderne de la ville de Paris : rien ne lie, ni dans l’univers des formes, ni dans le monde des idées, les œuvres de Lavier entre elles. Elles sont de surcroît imperméables aux chronologies, aux périodes : tel procédé sera reconvoqué plus tard, comme pour une nouvelle audition. Lavier réouvre systématiquement les dossiers.Son œuvre est en forme de procès : les conventions sont assignées à comparaître. C’est là le centre du système. On dira l’œuvre « protéïforme » – le vilain mot – parce qu’il ne saurait y avoir de « profil type » pour les témoins. De fait son spectre est large, immense : les conventions sont comme les bulles d’huile dans l’eau ; écrasées ici elles se reforment là avec autant d’arrogance. Seuls les sots ne verraient pas là l’œuvre d’un seul et même artiste, qui ne verraient pas non plus que différents clubs de golf sont nécessaires à l’assujettissement de la balle sur diverses distances, divers reliefs. Ainsi s’agit-il bien là, et de façon éminemment singulière, d’un seul et même artiste, d’un seul et même projet : le procès des conventions.

 

 

Bertrand Lavier
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