Bertrand Lavier

16 octobre — 30 décembre 1993

37 rue de Longvic 21000 Dijon

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Le projet de Bertrand Lavier pour l’Usine prolonge un « chantier » ouvert en 1991 avec le début de la série de « photo-reliefs », des œuvres hybrides produites pur la rencontre de trois catégories, la photographie, la sculpture et la peinture, soit des objets ambigus qui ne paraissent ni vides de sens, ni dénués de qualité, formelles autonomes » (BL).

Photo-relief n°1 montré dans l’exposition Une autre affaire (Nouvelles Scènes 89), fragment de charpente métallique accroché au mur, se présentait comme un graphisme abstrait  en trois  dimensions.

Ici, l’on découvre une construction de cornières métalliques qui semble avoir « poussée » dans le 1ieu. En fait, il s’agit d’un morceau de pylône à haute tension déplacé et reconstitué sur place.

Exposé, ou plutôt recadré par les limites de l’espace, cette œuvre évoque tout à la fois une sculpture moderne et un fragment de réalité.

Pour Bertrand Lavier, l’exposition ne serait donc qu’un acte de cadrage (‘mise en place du sujet dans les limites du viseur » Petit Larousse). Après 1es récentes présentations de véhicules accidentées (épaves de mobylettes et de voitures), il ajuste le tir: le regard à porté en particulier sur l’objet sur son déplacement et son exposition, relève autant d’un « faire valoir » que d’un « faire voir », à l’épreuve du réel.

Bertrand Lavier est né en 1949 à Châtillon-sur-Seine, il vit à Aignay-le-Duc en Côte d’Or. Son parcours est jalonné par de nombreuses et importantes expositions : Biennale de Venise en 1976, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1985, Centre Georges-Pompidou à galerie Leo Castelli à New York en 1991. Il figure actuellement dans l’exposition Miroir brisé organisée par Kasper Koenigect Hans Ulrich Obrist à Hambourg.

Bertrand Lavier a exposé à plusieurs reprises à Dijon au Consortium en 1986 (avec le musée des Beaux-Arts et l’Atheneum), et en 1980son travail est généralement identifié à la reprise d’objets repeints (pianos, miroirs. appareils photographiques, etc ou mis en équation (frigidaire sur coffre-fort). Se disant plus proche de Léger, Brancusi ou Picabia que de Duchamp, il définit lui-même son style comme une court-circuit esthétique, entre l’art et la réalité. Souvent teinté d’ironie grinçante, ce travail se positionne clairement dans une tradition de « rupture » pour mieux déjouer le négativisme, et les poncifs de l’art contemporain.

 

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