Brian Calvin End of messages

20 juin — 27 septembre 2015

37 rue de Longvic 21000 Dijon

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Au moment où la lassitude des médias sociaux va peut-être enfin tempérer l’exubérant narcissisme du status updates qui a duré presque une décennie, le nouveau travail de Brian Calvin cristallise ce malaise d’une population très à l’écoute d’elle-même. Ses peintures astucieuses et lumineuses — enduites de couleurs Day-Glo comme des photos surexposées — illustrent une jeunesse hyper exposée, branchée et décontractée en caricaturant pour un observateur invisible, leur visage aplati (visuellement et au sens figuré) évoquant l’ennui stylisé des visages étirés de Modigliani.

Émotionnellement distants et d’un cool insaisissable, les personnages de Calvin communiquent la banalité de la culture selfie : et comme ceux-ci, ils s’échappent de toute trame narrative. Artiste d’origine californienne, Calvin est parfois comparé à David Hockney, dont les couleurs et les œuvres évoquent de façon menaçante la vie facile des zones pavillonnaires blanchies par le soleil. Il est aussi souvent comparé au new-yorkais Alex Katz dont les peintures graphiques et plates sont visuellement similaires à celles de Calvin, bien qu’elles évoquent des trames narratives plus complexes.

Calvin a une approche plus existentielle du portrait, traitant du visage et du corps humain comme d’un paysage. Dans ses nouvelles peintures il a à la fois restreint et étendu son sujet. Tandis que ses œuvres antérieures dressaient le portrait de la bizarrerie des relations fortuites entre les gens, ces scènes concises dépeignent une épidémie d’égocentrisme : le recours à l’objectivité des gros plans magnifie probablement les visages — et permet aussi de ne pas dévoiler l’âme des personnages.

Anne Prentnieks, Artforum, Septembre 2014

 

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