Cindy Sherman

25 octobre – 13 novembre 1982

55 rue Saumaise 21000 Dijon

Cette exposition présentée dans le local prêté par « le coin du miroir », 55 rue saumaise, s’inscrit dans une série dont le premier volet fut la présentation du travail d’Eve Sonneman (mai 1982), cherchant à faire connaître l’un des courants dynamique de la jeune photographie américaine.

Enfin, cette même année Cindy Sherman fut sélectionnée à la 4ème Biennale de Venise et participa à Documenta 7 (Cassel, RFA), les deux principaux évènements artistiques européens, avant que le Stedeljik Museum d’Amsterdam ne lui consacre une rétrospective et édite un catalogue de son œuvre.

Nous avons collaboré pour organiser cette exposition avec la galerie Chantal Crousel (Paris) ainsi qu’avec le Gewad (Nouveau Musée de Gand) qui ont traduit en flamand l’interview de Cindy Sherman réalisé pour notre catalogue.

Cette exposition a rencontré un vif succès auprès du public dijonnais (non habitué à voir de si grands tirages) qui ont su apprécier la démarche et la qualité artistique du travail de Cindy Sherman.

Comme il n’existait encore aucune publication en français sur Cindy Sherman, nous avons édité un catalogue avec reproductions, couleurs et noir et blanc de ce qui était présenté dans, l’exposition et d’autres documents, ainsi que l’interview de l’artiste, rencontrée à Paris.

« Je veux ce sentiment qui vous serre la gorge, qui provient peut-être du désespoir ou d ‘une sensibilité qui fait venir les larmes aux yeux.

Une photographie devrait se dépasser, l’image devrait transcender le médium pour acquérir sa propre existence.

Il s’ agit d’illustrations d’émotions personnifiées, avec leur personnage propre, non le mien. La question de l’identité du modèle n’est pas plus intéressante que le symbolisme de tout autre détail.

Quand je prépare chaque personnage, je dois considérer ce qu’il me faut contrecarrer, le fait que les gens rechercheront sous le maquillage et les perruques, le dénominateur commun, le reconnaissable. J’essaie de faire reconnaître aux autres quelque chose d’eux-mêmes plutôt que de moi.

Je crains beaucoup que l’on m’interprète mal, que les gens puissent penser que les photos parlent de moi et que je suis en réalité vaniteuse et narcissique.

Parfois je me demande alors comment se fait-il que tant de gens se trompent.

Je fais une des choses les plus stupides au monde que je ne peux même pas expliquer, m’habillant comme une enfant et posant devant un appareil en essayant de réaliser de belles images. Et les gens semblent s’y laisser prendre (mon instinct me dit qu’il ne faut pas en attendre plus).

Il devient de plus en plus difficile de croire en un art personnel quand l’accueil du public grandit. »

Article paru dans le catalogue de l’exposition Documenta 7, 1982 (Cassel, RFA)

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Cindy Sherman est née en 1954 à Glen Ridge (New Jersey, USA), elle a fait ses études au State University College de Buffalo et a reçu son diplôme d’art, section photographie, en 1976.

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