Collier Schorr There I was

29 novembre 2008 – 15 février 2009

16 rue Quentin 21000 Dijon

« L’œuvre de ColIier Schorr est peuplée de jeunes hommes, y compris des lutteurs et des garçons en uniformes militaires. Melle Schorr est connue pour ses photographies conceptuelles de composition classique et émotionnellement chargées qui semblent parfois inutilement obscures.

Elle s’intéresse ici à un garçon de 19 ans, Charlie Snyder, conducteur de voitures de parade, que son père photographia en 1967 pour Car Magazine, tandis que Melle Schorr était âgée de 4 ans. Lorsque de l’article de Car Magazine paru, Mr Snyder avait été tuée dans la guerre du Vietnam.

Crée, ce qui ressemble à un mémoriel néo-conceptuel basé sur une brève association essentiellement indirecte entre l’artiste et un soldat globalement inconnu est un pari risqué. Mais le risque, en l’occurrence, en valait la peine.

Plutôt que de faire des photographies, Melle Schorr a créé des dessins d’après une série de photos vintage. Elle a également empli des vitrines d’éphémérides et documents, y compris des photographies prises par Mr Snyder au Vietman, et des livres parmi lesquels At War In Asia de Noam Chomsky et Dispatches de Michael Herr.

Au travers de cet ensemble minutieusement chorégraphié, Melle Schorr ausculte la culture de la guerre et la fabrication des images. Aucune forme — photographie ou dessins, artistique ou amateur — ne peut revendiquer une quelconque préséance, et si les images forment des récits historiques, elles ne peuvent figer l’Histoire.

Partant du principe qu’une guerre est achevée avant qu’une autre ne commence, Melle Schorr inclut une photographie de presse de Pat Tillman, un joueur de foot ayant abandonné la ligue nationale de football pour rejoindre l’armée et fut tué en Afghanistan en 2004.

Son image et celles de Mr Snyder changent et se meuvent comme les mots du titre de l’exposition, jusqu’à donner le sentiment d’un memento mori inversé, où les morts demandent aux vivants : « Was I there » (Étais-je ici ?) ».

Martha Schwendener

in The New York Times, 28 septembre 2007

 

Liens