Gloria Friedmann

24 juin – 23 juillet 1983

16 rue Quentin 21000 Dijon

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[Rappel des circonstances]

Dix années séparent ces deux expositions de Gloria Friedmann au Consortium. La première, en 1983, intervient au début de son œuvre, et dans une période où se forment les travaux de Marie Bourget, IFP, d’une génération d’artistes français en vérité, que Le Consortium accompagne en partie. Elle se présente alors que, à Paris, à l’église de la rue d’Ulm, se déroule l’exposition À Pierre et Marie, et que le numéro 3 de la revue Public, animé par Philippe Cazal, déclare avec insolence « Il n’y a pas d’art français. » La seconde porte forcément l’expérience d’une œuvre développée et complexifiée, inscrite dans un horizon artistique largement modifié par les mesures prises par Jack Lang (Frac, reconnaissance des centres d’art, multiplication des acteurs régionaux, etc…) et leur conséquences directes sur la popularisation de l’activité artistique.

En dix années le lieu même des expositions, Le Consortium, s’est modifié, s’est formé lui aussi. Les piliers cylindriques ont disparu, les salles sont plus hautes, la lumière naturelle vient du plafond : l’espace, sans doute, s’est banalisé.

La longévité du Consortium (un exemple suffisamment singulier en France pour qu’on le signale) accompagne cela : la formation des œuvres, la reconfiguration des espaces, celle de l’activité artistique également. La fidélité au travail d’un artiste, outre l’étonnante visualisation de ce que vieillir ensemble signifie, autorise l’émergence d’un lien entre un artiste, un lieu et des individus. Une sorte « d’esthétique relationnelle » en somme, donc productrice de forme et d’une certaine forme d’acuité du regard.

Eric Troncy

 

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