Monique Van Genderen & Kirsten Everberg

9 avril – 13 août 2005

Monique van Genderen

Née en Californie 1966, Monique van Genderen crée des tableaux abstraits en juxtaposant le vinyle et la peinture. Le dessin comme la palette de couleurs qui caractérisent ses œuvres nous sont immédiatement familiers sans pour autant être évidents. Les formes se tissent sur des surfaces parfaitement lisses et prennent vie, soit sur des panneaux de bois, soit – de façon éphémère – sur les murs des lieux qui les accueillent.

Rigueur formelle de l’abstraction classique mêlée à l’animation graphique et l’attrait des images de haute couture. Les couleurs sont chatoyantes et changeantes ressemblent à du papier glacé de magazine féminin. Comme dans un dessin animé, il n’y a pas de règles, alors tout est possible, un peu comme dans les magazines qui sont des BD pour les grands. Ses tableaux sont des pièges pour les âmes rationnelles qui se laissent « envoûter » par leur apparente simplicité.

Techniquement, ses œuvres sont des collages sur des panneaux de bois de 1 à 7 pieds. Elle commence par appliquer une couche de peinture blanche puis elle y appose des formes étranges découpées dans du vinyle (type vénilia). Parfois elle superpose des épaisseurs transparentes, parfois elle les découpe pour les faire s’emboîter parfaitement. La plupart sont réfléchissantes et jouent avec la lumière ambiante. Cela affecte bien entendu la perception que l’on a de l’ensemble de la peinture en fonction du point de vue. Le vinyle qu’utilise l’artiste est fait du même matériau que les musées et galeries utilisent pour faire leurs étiquettes. Autrefois, les spécialistes de la signalétique peignaient, l’info à même les murs, mais aujourd’hui, tout est conçu par ordinateur et imprimé sur des adhésifs que l’on place colle sur la surface murale. Quand l’exposition est terminée, l’information est décollée et jetée. L’artiste a travaillé justement dans une boutique de signalétique et c’est comme cela qu’a débuté son travail, alors qu’elle récupérait des chutes de matériaux. L’échelle de ses travaux s’est élargie, mettant en valeur son talent de coloriste. Parfois ses formes étranges figurent des silhouettes d’insectes, parfois elles font penser à un paysage un peu flashy.

Elle juxtapose les collages peints d’un Emerson Woelffer (expressionniste abstrait à Los Angeles) dans les années 1950 et les publicités glossy de Prada ou Gucci.

Abstraction dynamique qui intègre des matériaux commerciaux (peinture pour signalétique et de l’adhésif réfléchissant + des techniques plus traditionnelles comme l’huile et le vernis) d’où une tension perpétuelle entre des espaces graphiques et d’autres marqués par le mouvement qui suggèrent des formes reconnaissables.

Mouvement perpétuel à cause des jeux de lumière. Formaliste et collagiste appliquée. Velouté du collagiste d’impliquer le monde réel dans les constructions formelles créées intuitivement. En réalité, les formes géométriques se sont progressivement transformées en formes biomorphes et lyriques. Inspiration de I’abstraction de Mark Rothko. Gestuelle similaire à des coups de pinceau.

Kirsten Everberg

Née en Californie en 1965 elle vit et travaille à LA. Travaille beaucoup d’après photo, dripping créé par Max Ernst (surréaliste pas vraiment Pollock) ; sorte de peinture spontanée sans toucher la toile. Travaille à plat.

En 2002, Kirsten Everberg a commencé une série de peintures basée sur cieux films d’Alfred l’artiste a voulu créer un langage, une narration, a travers agencement d’éléments dans l’espace limité d’une pièce. Elle s’est clone inspirée des plateaux hyper structurés du cinéaste et les a exploités comme des boîtes vides ou installer le spectateur. Plus récemment, ses représentations de la Maison Blanche restent fidèles à l’idée Hitchcockienne d’espaces dirigés et contrôlés afin de susciter un effet similaire : donner à chaque objet une résonance propre et le faire ainsi participer à « l’histoire ».

Bar et Lobby — couleurs varient, alternance force industrielle des matériaux brillants noirs et marrons avec des blancs éblouissants (lampes et plateaux des tables), énergie cinétique + sentiment mélancolique.

Dans les deux cas, il s’agit d’intérieurs d’hôtels en République Tchèque, à Brno qui fut l’un des symboles du modernisme du 20ème siècle.

C’est un constat sur le fait que la modernité comme tout mouvement artistique a une durée de vie et vieillit.

Elle dépeint des hôtels de l’ère communiste dépeuplés, aux scènes surchargées de détails ou se répand la lumière, réfléchie par les miroirs, le verre qu’Everberg recrée par des formes aux contours flous, aqueux, on a l’impression d’être suspendu entre le solide et le liquide. La maison Tugendhat, créée par l’architecte Mies van der Rohe en 1930 À Brno, témoigne aussi d’une architecture qui fut à l’Époque avant-gardiste dans sa volonté de concevoir des modèles simplifiés et épurés.

Les tons sépia participent au sentiment de nostalgie qui se dégage des tableaux. (// un Bar aux Folies Bergères de Edouard Manet / impressionniste suite à la photographie/ détail des lustres / mélancolie). Dans la même logique, elle a voulu montrer l’intérieur de la maison blanche, un peu comme la vitrine des Etats-Unis. Une vitrine faussée puisque l’inspiration de la décoration de ses pièces est d’inspiration typiquement européenne. Qu’est-ce que cela signifie ? Et bien peut-être simplement, comme on le fait au cinéma, que les lieux et la manière dont on les « habille » sont un leurre. Tous les intérieurs sont censés être représentatifs d’un climat où d’une époque socio-culturels. Dans les années 1960, Jackie Kennedy a fait redécorer les pièces ronges, vertes et bleues de la maison blanche afin de retrouver un maximum des objets d’origine, par souci d’historicité. Cela a même fait l’objet, en 1962 d’une diffusion télévisée de la visite des « nouveaux locaux ».  Le choix de couleurs hyper saturées dans les tableaux d’Everberg reflète l’effet écran de télévision années 1960. Remarquer dans la pièce rouge le tableau de Georgia O’Keefe qui clashe avec le reste (anti-traditionnel). Everberg pose la question du « bon goût » qui le détermine, comment il formate notre identité nationale ? Elle remarque avec un œil un peu critique qu’aucune notion de sophistication américaine n’est originaire d’Amérique.

Ces studies quant à elles ont une utilité technique puisqu’elles lui permettent de passer d’une gamme de couleur à une autre, de changer d’univers par la couleur.

Symboles du modernisme du 20e siècle.

 

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