Poésies sonores, Poésies visuelles Bernard Heidsieck

16 mai – 10 juin 1978

55 rue Chabot Charny 21000 Dijon


« On connait déja les nombreux efforts effectués par les futuristes, par les dadaistes et d’une manière plus lointaine par les surréalistes, pour arracher l’écriture de sa fonction linéaire. »
J.F. Bory

Toute présentation de la poésie visuelle (« l’écrit ») ne pouvant tenir compte – particulièrement ici du fait de l’espace de présentation – de toutes les ambiguïtés d’un ensemble de tentatives qui s’échelonnent sur plus de vingt-cinq ans, nous avons retenu l’idée clarificatrice et chronologique de trois générations de poètes visuels.

Les années 50 vont voir, avec en particulier la naissance de la poésie concrète, se multiplier des tentatives diversifiées pour mener à bien cette libération.

La géographie confuse des débuts de la poésie concrète reflète bien le caractère universel de ses racines. Eugen Gomringer, un suisse né en Bolivie, dénomme « constellations » les premiers poèmes qu’il écrivit dès 1951 dans le nouveau style. Ses constellations étaient proches, sans en découler, des poèmes-affiches sémantico-visuels (1948) de Carlo Belloli, protégé de Marinetti, dérivant donc du futurisme, alors que Gomringer, longtemps secrétaire de Max Bill, se nourrissait des apports du constructivisme et de la typographie liée en particulier au Bauhaus, double héritage que revendiquaient ses amis de la peinture concrète zurichoise.

Quand Gomringer et les poètes du groupe Noigandres de Sao Paulo (Augusto et Haroldo de Campos, Décio Pignatari,…) adoptèrent le terme de « concret » pour décrire la nouvelle poésie, tous ignoraient qu’à Stockholm, Trois ans plutôt, en 1953, Oyvind Fahlström avait publié le premier manifeste de la poésie concrète : manifest for konkret poesie.

Très vite à ces expériences, s’ajoutèrent les « idéogrammes » du germano-suisse Diter Rot, les « klang-gebilden » et « phasen » de l’allemand de l’Est Carlfriedrich Claus, publiées à Vienne, les travaux du compositeur-Gerhard Rühm, de l’architecte Friedrich Achleitner, du jazzman Oswald Viener et des poètes H.C. Artmann et Konrad Bayer.

Enfin l’année 1957, qui correspond par ailleurs au développement de la poésie concrète au Japon avec Kitasono Katue, voit toutes ces tentatives réunies dans une anthologie publiée sous l’autorité de Daniel Spoérri, principale figure du cercle de Darmstadt dont firent aussi partie la dramaturge Claus Kremer et l’américain Emmet Williams.

poésies visuelles (affichées)

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