Rebecca Warren "Tout Ce Que Le Ciel Permet"

3 février – 20 mai 2018

37 rue de Longvic, 21000 Dijon

D’un bout du monde à un autre

Les femmes pensent dans les films de Douglas Sirk. Habituellement, les femmes réagissent, elles font ce que les femmes sont supposées faire, mais avec Sirk elles pensent. Ça fait du bien de voir des femmes qui pensent.

Rainer Werner Fassbinder

« Tout Ce Que Le Ciel Permet » est la traduction française de « All That Heaven Allows », au sens propre comme au sens figuré. Rebecca Warren a d’abord pensé l’exposition pour la Tate St Ives dans les Cornouailles. Un dernier pan de terre avant la mer qui évoque selon ses mots, et comme le film de Douglas Sirk dont elle a emprunté le titre, « la liberté et la limitation ». En passant à l’est et dans les terres, l’exposition recompose un ensemble d’œuvres qui racontent comment Rebecca Warren associe l’histoire de la sculpture à la sienne, la tradition au quotidien, le sérieux à la frivolité, la maîtrise au déséquilibre. Warren se joue avec virtuosité des codes de la sculpture. À l’aide de pompons, de couleurs acidulées et de formes à la fois grotesques et sensuelles, elle hybride ses grands bronzes d’une féminité corrosive. Avec l’argile crue, elle en contredit aussi la permanence. Des structures en métal qui empruntent au minimalisme et des vitrines où le néon et des petits éléments du quotidien s’agencent en autoportraits mettent sa propre virtuosité à distance, comme pour introduire du récit dans l’expérience de l’exposition. Rebecca Warren trouve toujours le moyen d’intégrer à son œuvre tout ce qui l’intéresse et l’amuse, générant ainsi un peuple d’objets qui dans un même mouvement virevoltent et s’enlisent.

Anne Pontégnie

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