Sylvie Fleury Escape

28 janvier – 26 mars 1994


16 rue Quentin 21000 Dijon

L’exposition de Sylvie Fleury au Consortium, intitulée Escape, signalait dès la première salle le caractère le plus évident des travaux exposés, soit leur propension à convoquer une multitude de figures, individuelles ou stylistiques. Mondrian pour les bottines dispersées dans la première salle, Moholy-Nagy, dans le titre, pour le Modeleur Ombre et Lumière, « invention » de Chanel dont le packaging était encore repris, dans une autre pièce, aux dimensions d’une fresque à la manière de Palermo (Egoïste). Pareillement, une autre peinture murale, C’est la Vie, rappelait autant Christian Lacroix qu’une Rose du même nom. La vidéo du Dr Corvo (Dr Corvo’s Natural Facelift) parodie un art corporel plus radical, tandis que deux cabines d’essayages invitent encore à changer de style comme l’on change de chemise. Et si l’art ne saurait, en droit, se soustraire à cette interchangeabilité généralisée des biens, cette activité de recyclage dont le Consortium fut le théâtre ne se limitait cependant pas à l’exploitation d’un répertoire de formes préexistantes dans lequel puiser indifféremment. En raison du caractère second des appropriations présentées, Sylvie Fleury remet en circulation dans le champ artistique ses produits dérivés, signifiant de la manière la plus vive leur condition originaire d’objets de luxe. Aussi, d’une manière plus générale, était-ce une figure plus que toute autre qui était singulièrement mobilisée parmi cette pluralité de noms ou de catégories de l’histoire de l’art (auxquels il faut encore ajouter celle d’Angela Bulloch qui collabora, réellement cette fois-ci, à la réalisation des Soleils, pyrotechnie plus festive que métaphysique), soit celle, charnière dans l’histoire de l’avant-garde, de Andy Warhol, à partir de qui, comme l’a écrit Owens, « la fonction de l’avant-garde dans les mécanismes de l’économie culturelle est devenue visible pour la première fois. »

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