The Deer

21 décembre 2011 — 11 mars 2012

37 rue de Longvic 21000 Dijon


Avec des œuvres de John Currin, Trisha Donnelly, Rachel Feinstein, Katharina Fritsch, Gloria Friedmann, Corentin Grossmann, Pierre Huyghe, Alex Katz, Karen Kilimnik, M/M, Richard Phillips, Loïc Raguénès, Ugo Rondinone, Alain Séchas, Juergen Teller, Ida Tursic & Wilfried Mille, Xavier Veilhan, Paul Winstanley et Rémy Zaugg.

Une scène de The Queen, le film réalisé par Stephen Frears en 2006, montre la reine d’Angleterre conduisant, seule, une Land Rover dans le domaine écossais de Balmoral. Franchissant un mince cours d’eau, elle brise accidentellement l’arbre de transmission avant de la voiture et se trouve immobilisée. Attendant qu’on lui vienne en aide, livrée à elle-même, et dans cet incroyable paysage de vallons et de forêts, lui apparaît un cerf impérial, 14 cornes. Là, la reine semble faire de manière intense et fugace l’expérience d’une forme spéciale de beauté et de sérénité ; entendant au loin des coups de fusils et les aboiements de chiens, elle chasse cependant l’animal qui, tandis qu’elle tourne la tête, a déjà disparu. En 1752, la marquise de Pompadour, qui avait mis un terme à sa relation physique avec Louis XV pour ne rester que sa confidente, installa à Versailles, dans le quartier du Parc aux Cerfs, une demeure secrète pour que le roi y retrouve de très jeunes femmes — ainsi pouvait elle veiller à ce qu’aucune ne la remplace. L’expression « Parc aux cerfs » a, avec le temps, désigné ensuite et de manière plus générale, un lupanar.
Plus loin dans le film de Stephen Frears, la reine apprend que le cerf qui lui était apparu, après qu’elle l’a fait fuir, s’est égaré dans le domaine d’un duc voisin qui reçoit des hôtes payants pour des chasses. Au cours de l’une d’elles, l’animal fut poursuivi et amené tout près d’un banquier d’affaires, qui n’eut ni peine ni gloire à l’abattre.

Éric Troncy, commissaire de l’exposition

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