Isabella Ducrot
Profusione

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Le Consortium
Curated by Franck Gautherot & Seungduk Kim
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.
Isabella Ducrot, « Profusione », Consortium Museum, Dijon (FR), 2024. Photo: Rebecca Fanuele © Consortium Museum.

Née en 1931 à Naples, Italie. Vit et travaille à Rome, Italie.


Remerciements : Gisela Capitain, Cologne


 

À un âge avancé, on peut être courageux et avoir des gestes libres.

Née en 1931 à Naples, en Italie, Isabella Ducrot est une jeune artiste à la jeune carrière. Comme beaucoup de femmes de sa génération, elle s’est tournée vers l’art après avoir élevé ses enfants. Ses années formatrices ont été marquées par des voyages continus avec son défunt mari, au cours desquels ils ont accumulé des centaines de miniatures persanes et de rares textiles anciens de toutes sortes.
C’est au beau milieu de sa collection de peintures d’artistes baroques tels que Battistello Caracciolo, Carlo Dolci, Artemisia Gentileschi et Luca Giordano, de dizaines de délicieuses miniatures persanes et indiennes, de morceaux de tapis du XVIIe siècle, et d’autres tissus antiques qu’Isabella Ducrot a passé sa vie et y a forgé la volonté réelle et exigeante de construire sa propre œuvre. Elle a relevé le défi il y a quelques dizaines d’années en transcrivant histoires et citations sur du papier, des tissus et des collages.

Au fil des années, elle a créé une multitude de pièces, audacieuses, lisses, translucides, colorées et/ou strictement minimalistes, qui représentent par exemple des paysages ou des couples amoureux.
Comme elle l’a un jour écrit, « on peut facilement dessiner deux personnes amoureuses l’une de l’autre, mais la tendresse n’apparaît pas toujours. J’essaie de faire ressortir la tendresse, la tendresse et la possibilité du toucher ».
Elle range soigneusement des fleurs en pots, des théières et d’autres collages en forme de kimono dans les grands tiroirs de son studio à Rome au rez-de-chaussée du Palazzo Doria Pamphilj, où elle réside également.

Son choix d’un type particulier de papier japonais qu’elle badigeonne d’encres noires et colorées – un papier souple mais robuste, léger, doux et souvent utilisé à des fins de restauration – l’a amené à développer son fa presto, un clin d’œil à son bien-aimé Luca « Fa Presto » Giordano accroché dans l’entrée de son appartement.

Comme sur de nombreux tapis noués à la main, dans ses dessins, le champ central uni accueille des motifs et des dessins. Ses bordures sont géométriques et marquées par une double ligne à l’encre foncée, parfois gris délavé, orange clair ou rose. Tout comme les rues ont des trottoirs, les tapis ont des bordures. Les pièces d’Isabella Ducrot partagent ces frontières distinctes. Sont-elles simplement un passage du sol au mur, du tapis à la tapisserie ? Ou délimitent-elles des fenêtres ouvertes sur le monde ? Peut-être un peu des deux. Le sol est pédestre et domestique, et les tapis déroulés offrent des parcelles de territoire et une utilité pour chacune d’elles. Les murs sont destinés à être regardés, ils sont décoratifs et constructeurs d’espace, leur robustesse et leur opacité sont paradoxalement synonymes d’ouverture et d’infini.

Isabella Ducrot a été « découverte » par la galeriste allemande Gisela Capitain. Sa visibilité internationale s’est accrue au cours des dix dernières années, grâce à un certain nombre d’expositions individuelles et une présentation à la galerie londonienne Sadie Coles l’année dernière.

L’artiste italienne nous offre aujourd’hui l’occasion de présenter une partie significative de sa production sur papier, tissus et collages de ces cinq dernières années. De nouvelles pièces ont également été créées spécifiquement pour cette exposition.

— Franck Gautherot et Seungduk Kim