Valerie Snobeck
Build of a Nearby Valley While Looking Afar

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Consortium Museum
Valerie Snobeck, exhibition view 2018 ©André Morin /Consortium Museum
Valerie Snobeck, "Build of a Nearby Valley While Looking Afar," 2018, exhibition view - photo © André Morin/Consortium Museum

Avec le soutien de Atelier Calder, Saché.
Remerciements : Bastide Projects, Marseille; Essex Street, New York; Simon Lee Gallery, Londres; Guillaume Blanc & Caroline Bouvier, Atelier Calder, Saché.


Valerie Snobeck présente un ensemble d’œuvres créées spécifiquement pour l’exposition au cours de sa résidence à l’Atelier Calder. L’Atelier Calder a été établi en 1989 par des membres de la famille Calder en collaboration avec le Centre National des Arts Plastiques comme résidence d’artistes dans la demeure et l’atelier d’Alexander Calder à Saché en France. Depuis lors, il a accueilli un grand nombre d’artistes tels que Jessica Stockholder, Martin Puryear, Trisha Donnelly ou Rachel Harrison.

L’exposition de Valerie Snobeck reflète son intérêt pour les questions écologiques et environnementales et se concentre sur le bilan particulièrement contrasté de l’ United States Environmental Protection Agency (EPA) à Washington, D.C et sa relation malaisée avec les lobbies industriels, notamment sous le gouvernement américain actuel avec sa remise en question des règles de protection de l’environnement établies sous les administrations précédentes. Pour ce projet, Valerie Snobeck s’est particulièrement intéressée à la dissolution des limites entre l’architecture et le corps humain, à l’élargissement ainsi qu’au rapprochement des distances, du temps et des générations, de même qu’à la complexification des barrières érigées entre l’État et la population qu’il est censé servir. 

Snobeck s’inspire ici de l’architecture du bâtiment de l’EPA pour créer des éléments empruntés à sa façade néoclassique et dont les proportions ont été réduites à la taille du corps humain, afin de transformer la relation qu’entretiennent les visiteurs avec des détails architecturaux normalement perçus à une échelle monumentale ou observés depuis une certaine distance. Ces modules sélectionnés par l’artiste ont été de surcroît transformés ou interprétés sous l’influence de sa résidence en France, fusionnant les éléments visuels qu’elle s’est appropriés pour les transformer en quelque chose de nouveau. Les portes, fenêtres, voûtes, niches et consoles de corniches sont montrées désolidarisées du bâtiment original, dépouillées de leur monumentalité. Les portes sont présentées comme des unités autonomes, les « falseworks » (leur nom dérivant d’un terme architectural), des coffrages qui servent d’armatures porteuses lors de l’édification d’arches ou de voûtes en pierre sont présentés ici comme des fantômes ou des squelettes, des structures temporaires dont le rôle est d’être des équivalents symboliques plutôt que des copies exactes d’éléments du bâtiment originel, qu’ils proviennent de l’EPA ou du réseau ferroviaire à grande vitesse français. 

Certaines des sculptures de Valérie Snobeck sont construites à une échelle quasi miniature, telle la niche de pierre sèches en tuffeau –une pierre caractéristique de la Touraine– de la taille d’un jouet d’enfant et bâtie de telle sorte qu’elle soit déplaçable et modifiable. D’autres reprennent les portes du bâtiment de l’EPA mais ont été transposées dans des portes d’écoles élémentaires françaises de l’après-guerre, des portes battantes gouvernementales où l’inscription du linteau a été altérée sur un des côtés et dont les parties supérieures et inférieures ont été verrouillées pour empêcher qu’on les utilise.